Erwan Le Roux l’avait annoncé sans détour dès le début de la saison, l’objectif du Team FenêtréA-Prysmian dans la 5e édition de l’Ar Men Race était de gagner dans la classe des Multi50. Le contrat est rempli puisque le skipper Trinitain, Giancarlo Pedote, Thomas Coville et Adam Currier ont franchi la ligne d’arrivée de l’épreuve à 9h29 ce matin, devançant l’équipage d’Arkema mené par Lalou Roucayrol de 26 minutes, au terme d’un parcours de 320 milles avalé en un peu plus de 24 heures et 30 minutes.

Après trois participations à l’épreuve sans jamais parvenir à se hisser sur la plus haute marche du podium, Erwan Le Roux visait clairement la victoire cette année, dans l’Ar Men Race. Le skipper de FenêtréA-Prysmian a donc atteint son objectif ce matin. «  C’est vraiment super. Excellent même ! Adam a fait un gros boulot et le bateau était parfaitement bien préparé, Giancarlo, qui s’adapte de mieux en mieux, a bien négocié toutes les bascules du vent et réussi à toujours bien positionner le bateau et Thomas a apporté une nouvelle fois énormément sur les réglages. Lorsque ça ce passe comme ça, c’est vraiment top ! », a déclaré Erwan à son arrivée au ponton, manifestement ravi de sa navigation. De fait, lui et sa petite troupe sont parvenus à déjouer tous les pièges du parcours, une boucle de 320 milles, au départ et à l’arrive de la Trinité-sur-Mer, via la Basse du Lis, l’Occidentale de Sein et l’île d’Yeu. « Lalou Roucayrol et ses hommes sont mieux partis que nous car nous avons été gênés par le monocoque 60’ SMA au niveau de Goué Vas Sud. Nous sommes ensuite restés au coude à coude jusqu’à la pointe de Penmarc’h mais nous avons réussi à faire la différence dans le raz de Sein, car nous nous sommes bien abrités du courant entre La Plate et le phare de la Vieille en virant au plus près de la côté, ce qui nous a permis de décrocher Arkema qui lui, a buté dans le contre-courant », a expliqué le skipper du Multi50 FenêtréA-Prysmian qui n’a ensuite fait que creuser l’écart. « Dans la descente jusqu’à Yeu, nous avons trouvé un petit réglage intéressant et Giancarlo a réussi à placer le bateau idéalement malgré toutes les petites rotations du vent. Nous avons donc passé l’île avec une bonne petite avance et comme ensuite, pour remonter jusqu’à la ligne d’arrivée, c’était un bord quasiment tout droit, nous n’avons pas été inquiétés », a détaillé le marin.

Des progrès à vitesse à Grand V

De son côté, Giancarlo Pedote n’a pas non plus caché sa satisfaction, en arrivant au port. « J’ai beaucoup de choses à apprendre et le fait de naviguer avec Erwan et Thomas, c’est pour moi une vraie chance. Lorsque je pose des questions, j’ai immédiatement des réponses », a commenté l’ancien Ministe, soulignant une nouvelle fois les grosses différences entre le monocoque et le multicoque. « Les mouvements du bateau, les réactions, les vitesses… tout change et le fait de travailler avec des gens très expérimentés me fait gagner un temps précieux, même si je sais que la route d’ici à la Transat Jacques Vabre est encore longue. J’apprends énormément et je me sens de plus en plus à l’aise », a ajouté le navigateur Italien, auteur d’un joli travail au poste de navigateur durant ces 24 heures de mer. « La course s’est jouée essentiellement dans la première partie, entre le départ et la pointe Bretagne. Après, c’est surtout la vitesse qui a fait la différence car notre trace et celle de l’équipage de Lalou sont finalement assez similaires », a développé Giancarlo qui, de l’avis de tous, progresse à vitesse grand V. La suite ? Dans l’immédiat, les deux hommes vont se reposer puis régler un petit problème de décoration sur la grand-voile. La semaine prochaine, ils ont rendez-vous pour des opérations de relations publiques. Ensuite, ils s’élanceront en double en direction des Canaries où aura lieu la prochaine épreuve de la classe, le Grand Prix de Las Palmas, du 12 au 14 juin prochain. « Nous prévoyons de partir le 1er juin et ainsi de réaliser notre qualification pour la Jacques Vabre », a conclu Erwan Le Roux.

Comme prévu, c’est à 8h50 ce matin que FenêtréA-Prysmian et les autres grosses unités de la 5e édition de l’Ar Men Race se sont élancées au large de la Trinité-sur-Mer, pour une boucle de 320 milles, via la pointe Bretagne et l’île d’Yeu. Propulsés par un flux de nord-ouest d’une dizaine de noeuds, c’est donc au près qu’ils sont remontés jusqu’à La Plate, face à la pointe du Raz. Et si Arkema de Lalou Roucayrol a mené la danse un moment, Erwan Le Roux, Giancarlo Pedote, Thomas Coville et Adam Currier ont repris les commandes de la flotte des Multi50 dans le raz de Sein, en allant virer au plus près de la côte. Ils ont ensuite légèrement creusé l’écart, passant la Basse de Lis avec un peu plus de deux milles d’avance, mais restaient particulièrement concentrés pour aborder au mieux la suite, à commencer par un atterrissage toujours délicat sur l’Occidentale de Sein.